Bill était parti depuis une semaine maintenant et Tom tournait en rond. Il avait du mentir à sa mère, lui dire que Bill était chez un ami pour quelques jours. Elle n'avait rien trouvé à redire, c'était les vacances et ses garçons étaient grands maintenant. Tom ne lui avait pas dit qu'il était parti, et surtout les raisons pour lesquelles il était parti, sinon il aurait du tout expliquer et il était trop lâche pour ça.
Il savait qu'il avait mal agi, vraiment très mal, sa culpabilité était sans limite. Son esprit était sans cesse occupé par son frère, par ce qu'il avait fait subir à Bill, même si il n'avait pas voulu tout ça, il avait laissé faire les choses et maintenant il avait perdu Bill, il espérait juste qu'il le retrouverait vite, il lui manquait terriblement...
Il aurait voulu lui expliquer, lui dire qu'il regrettait qu'il était désolé...mais Tom savait que ça ne pourrait pas être si facile. Il avait été beaucoup trop loin, il ne s'en était pas rendu compte sur le moment, trouvant même que Bill exagérait, que ses réactions étaient complètement inappropriées. Tom pensait qu'il avait raison, qu'il agissait convenablement comme doit le faire un frère, il pensait simplement que Bill était capricieux, jaloux de Lya. Et maintenant tout allait tellement mal...il avait blessé son petit frère à un point inimaginable pour eux, et l'avait probablement perdu.
Ses pensées allaient comme des montagnes russes folles. Il s'apitoyait sur lui-même, se lamentant effrayé par le fait de ne plus jamais retrouver Bill et la seconde d'après, il se donnait une grande claque mentale, s'interdisant de pleurer sur son sort car tous les torts reposaient sur lui et trouvant une motivation sans borne pour récupérer son frère, son amour et sa confiance. L'instant suivant son ventre se tordait, sa gorge se serrait, traduisant sa profonde angoisse d'avoir tout gâché, de voir les choses changées à jamais.
Il commençait à réellement s'inquiéter pour Bill, il ne répondait à aucun de ses appels, aucun de ses messages de plus en plus désespérés. Tom se sentait un peu ridicule de le supplier ainsi mais il aurait fait n'importe quoi pour que Bill lui adresse un mot, ne serait-ce que pour lui dire qu'il allait bien.
Mais rien, silence radio.
Tom avait essayé sans cesse les quatre premiers jours et il commençait maintenant à perdre espoir que Bill ne le rappelle jamais.
Il avait également contacté Gustav et Georg pour savoir si eux avaient eu des nouvelles. Tous les deux lui avaient paru distant et mal à l'aise et n'avaient pas donné de véritable réponse malgré l'insistance de Tom. Ils avaient toujours soigneusement évité de se mêler des affaires des jumeaux car la plupart du temps ils n'y comprenaient rien et surtout c'était complètement dangereux d'y prendre part ou de prendre partie pour l'un ou l'autre des deux frères.
Tout était allé tellement vite, les choses avaient totalement échappé à son contrôle et à sa volonté et il n'avait aucune idée de la façon dont il allait pouvoir arranger les choses, si il le pouvait...
Un énième coup de fil dans le vide se chargea de décourager Tom, mais conformément à son instabilité psychologique du moment, la seconde d'après, il décida d'aller voir Georg, plein d'espoir. Georg saurait lui dire et de toute façon il ne pourra pas lui mentir s'ils sont face à face. Le changement constant qui s'opérait en ses émotions et sentiments était déstabilisant et fatiguant. Lorsqu'il était désespéré, il s'admonestait mentalement, s'exhortant à ne pas lâcher prise, à essayer de réparer les dégâts. Et quand il redevenait plein d'espoir et de volonté, il se disait qu'il était bien présomptueux, que si lui voulait que les choses s'arrangent, Bill ne le voulait pas forcément. Il était peut-être mieux sans Tom, il n'en avait peut-être plus rien à faire de Tom...
Il s'habilla distraitement et quitta la maison.
Lorsque Georg lui ouvrit la porte, il lui fit un sourire qui se transforma en un froncement de sourcils, pas parce que c'était Tom qui était en face de lui, mais parce que Tom ne ressemblait pas à Tom.
« Salut » la voix du dreadé était atone et son sourire faux.
« Salut mec, entre »
Georg s'effaça pour le laisser passer et referma la porte.
« Monte dans ma chambre, j'vais chercher à boire. Coca je présume ? »
« Ouais » sourire forcé.
Lorsque, quelques minutes plus tard, Georg entra dans sa chambre, il trouva Tom affalé sur son lit, le regard dans le vague, son portable à la main.
Le bruit des verres qui tintent l'un contre l'autre sembla faire revenir Tom à la réalité. Il essaya de se coller un sourire sur le visage, mais seules les commissures de ses lèvres s'étiraient, ses yeux, eux, ne riaient pas, ne se plissaient comme ils le faisaient habituellement.
« Je t'écoute » commença Georg. Il avait compris qu'il était inutile de s'embarrasser de formules de politesses et de banalités.
« Tu sais où est Bill ? Avec qui ? Comment il va ? Tu as des nouvelles ? Tu l'appelles ? Il t'appelle ? »
« Hey...doucement. Bon alors Bill est chez son...un ami »
« Son mec ? »
« Euh, jsuis pas sûr que ça soit à moi de te parler de ce genre de choses » Georg était gêné, mal à l'aise.
« Georg, j'm'en fous, sérieusement, on a su avant Bill lui-même qu'il était gay, et honnêtement c'est vraiment pas le problème »
« Okay...euh...donc bon, il est chez son mec, il s'appelle Vic je crois, je sais pas où il habite »
« Bill t'a appelé ? »
Georg se tordait les doigts, sa jambe s'agitait en des soubresauts nerveux.
« Euh, oui, plusieurs fois »
Le c½ur de Tom se fissura un peu plus.
« Comment va-t-il ? »
« Je ne sais pas »
« Comment ça ? »
« Tom, ce qui s'est passé avec Lya l'a blessé, pire que ça même, j'ai comme l'impression qu'il est détruit, qu'il est brisé de l'intérieur »
Tom maltraitait sa lève inférieure, la mordillant sans relâche, ses yeux se remplissaient de larmes au fur et à mesure.
« Je n'arrive pas à l'avoir, il ne me répond pas, je sais pas quoi faire »
« Il...il ne veut pas te parler »
« Quoi ? »
Georg inspira un grand coup.
« Bill m'a dit qu'il ne voulait plus te parler, ni te voir. Je suis désolé Tom, j'ai essayé de lui parler, de l'apaiser, mais il est trop en colère, il a trop mal... »
Les larmes de Tom coulaient maintenant librement sur joues. Il ne se rendait même pas compte qu'il pleurait devant Georg, chose qu'il n'aurait jamais fait auparavant, tout ce qu'il comprenait c'est que Bill ne voulait plus rien avoir à faire avec lui. Jamais.
Georg continuait à parler mais Tom ne l'entendait plus. Il ne voyait que ses mains nerveuses s'agiter et sa bouche former des mots qu'il n'entendait pas, il ne voulait plus entendre, il ne voulait plus savoir. Il voulait hurler à s'en péter les cordes vocales, pleurer à s'en coller la migraine, courir à en perdre le souffle, se frapper à s'en faire mal, dormir à ne pas s'en réveiller. Il voulait que cette putain de voix arrête de lui répéter que Bill ne voulait plus entendre parler de lui. Qu'elle arrête...faites qu'elle arrête...Je vous en supplie, faites la taire. Tom s'enfermait en lui-même, se recroquevillant, pleurant, le visage contre ses genoux remontés...Et cette voix tantôt faible lui chuchotant l'impensable, tantôt forte lui hurlant sa faute. Il tremblait sous la force de ces mots, accablés par leur sens, détruit par leur portée. Son c½ur était en train de se déliter, les lambeaux de chair se consumaient en lui, accentuant la douleur. Et la voix...maintenant elle lui disait qu'il avait mérité tout ça, que sa douleur n'était que le juste retour des choses. A semer le malheur on récolte la douleur, à semer le vent on récolte la tempête. Et la tempête était en train de déferler en Tom. De manière violente. Plus que violente. Ces larmes qui coulaient, ce corps qui tremblait, cette voix qui l'achève.
Tom ne sembla revenir à la réalité que lorsque Georg lui attrapa les épaules et le secoua violemment.
« Tom ! Calme-toi ! »
Il était à genoux devant lui, attendant que la tempête s'éloigne. Il n'avait pas lâché les épaules de Tom qui gardait la tête baissée, ses larmes noyant ses yeux, puis ses joues pour tomber sur son jean dont la couleur fonçait sous les gouttes salées. Georg attendait patiemment que le flot se tarisse, que les tremblements cesse, que Tom revienne à ses côtés...que son esprit s'échappe un petit peu du flot mouvant et sombre dans lequel il s'était embarqué.
Lorsque le guitariste leva enfin les yeux, son regard était tellement perdu et empreint de douleur que le c½ur de Georg se serra violemment. Il avait vu exactement le même regard dans les yeux de Bill. Cette peur indicible de perdre l'autre, cet amour absolu, ce sentiment inexplicable, tellement fort. Ce sentiment qu'ils ont mis à mal, chacun leur tour. Ils s'autodétruisent pensa Georg, car l'un sans l'autre ils ne sont rien. Tom a cru que c'était possible et il a vite compris qu'il s'était trompé et maintenant c'est Bill qui cherche à se persuader...Ca ne pourra jamais marcher...jamais. Ils sont l'un avec l'autre, l'un et l'autre, ou ils ne sont pas. Et il aura fallu en arriver là pour qu'ils le comprennent vraiment...
Tom revenait peu à peu à lui, dans le monde réel, la voix s'insinuait encore dans son esprit sans qu'il ne puisse rien contrôler...Il ne pleurait plus. Sa peur allait au-delà. Bien au-delà.
« Je ne sais pas quoi faire... »
« Attends, tu ne peux rien faire d'autre »
« Et si jamais...si jamais il ne revient jamais »
« Je ne peux pas te prédire le futur Tom, mais Bill a mal, laisse-lui le temps... »
« Putain, mais comment j'ai pu laisser arriver ça ? Comment ? »
« L'amour rend aveugle »
« Pfff, putain jme déteste... »
Bill était complètement stone une fois de plus. Il avait bu, fumé, sniffé quelques lignes et là, il était en train d'embrasser Syn et Vic en même temps. Les baisers de Syn était lents, calmes posés, excitants, ceux de Vic était plus violents, piquants, évocateurs, mais tout aussi excitants. Ils étaient tous les trois sur une des banquettes du Dark, se touchant, se caressant, se goûtant. C'était vite devenu une habitude, d'être tous les trois. Il y a quelques jours, ils avaient couché ensemble, Syn, Vic et Bill. Ils était défoncés et Bill ne se rappelait pas de tout, si ce n'est qu'il s'était réveillé, nu, collant, migraineux, enchevêtré au milieu des corps tentants de ses, il le supposait maintenant, deux amants.
Le téléphone de Bill vibra dans la poche de son jean, il regarda, un message, Georg « appelle ton frère ». Il rangea rapidement l'appareil, agacé, depuis quand se mêlait-on de ses affaires ?
Syn qui s'était replié sur Vic pendant que Bill lisait son message s'en détacha et leur dit :
« J'ai quelque chose de nouveau. On va essayer ? »
Ils se levèrent et se rendirent aux toilettes. Les patrons et videurs du Dark n'étaient pas très regardant sur ce qu'il pouvait se passer dans les toilettes tant qu'il n'y avait ni bagarre, ni overdose.
Ils s'assirent par terre, Vic dos à la porte pour empêcher quiconque de rentrer et de les déranger. L'ambiance était carrément glauque se dit Bill, la lumière des néons, le sol sale, l'odeur prononcé d'urine, de sperme et de vomi. Son esprit s'attarda sur ses détails un instant encore puis son regard se reporta vers Syn. Il avait sortit d'une petite boite en métal une petit cuillère, un briquet, une seringue emballée dans un paquet transparent et un sachet contenant une sorte de poudre blanche.
« C'est de l'héro, plus chère que la coc' mais bien meilleure, vous allez voir, vous allez grimper avec ça »
Il attrapa la cuillère métallique dans sa main droite, versa une petite quantité de poudre de la gauche, reposa la petit sachet, pris le briquet et en fit sortir la flamme, il semblait chauffer le dessous de la cuillère. Bill vit peu à peu la poudre se transformer, pour devenir liquide. Syn reposa le briquet et se saisit de la seringue qui déballa adroitement de sa main libre. Il aspira ensuite le liquide transparent qu'il avait obtenu.
« Pour qui ? » demanda-t-il.
« Moi » la voix de Bill était assurée, il n'avait plus peur de rien maintenant ou peut-être était-ce qu'il avait pris avant qui lui faisait cet effet.
Syn posa la seringue, détacha le foulard noir qu'il portait autour du cou et le serra fort autour du bras de Bill, au-dessus de son coude. Il tapota plusieurs à l'intérieur de celui-ci, là où la peau est fine et tendre, la où les veines sont le plus proche de la surface. Il hocha la tête, attrapa la seringue, posa l'aiguille contre la peau de Bill et doucement y pénétra, lorsque le morceau de métal fin fut dans la veine, Syn poussa sur le piston de la seringue et injecta ce qu'elle contenait. Bill grimaça, le liquide était épais, il le sentait courir sous sa peau, ramper sans veine, remonter à son c½ur, à son cerveau, prendre possession de lui. Syn retira l'aiguille et dit à Bill d'appuyer sur le petit point d'entrée pour ne pas saigner.
Il réitéra le geste sur Vic puis sur lui-même.
Ils étaient tous trop défaits pour se rendre compte qu'ils avaient utilisé la même aiguille, que rien n'avait été désinfecté...
Syn n'avait pas menti, c'était meilleur que la coc' et l'exta' réunis. Incomparable même. Bill se sentait voler. Il se sentait léger, bien, plus aucune douleur physique ou moral, plus rien, juste une sensation de légèreté, de douce euphorie et de plaisir sous les caresses prodiguées.
Quelques heures à se toucher, à s'embrasser, à danser, à rire, à sourire, à oublier...puis les prémices de la descente. Il a appris à les reconnaître maintenant. Les couleurs sont moins jolies, les rires moins faciles, les sourires plus faux, le c½ur qui accélère, le corps qui se désengourdi, qui devient plus lourd. Puis le trou sans fond.
Mais cette fois-ci c'est pire, il est monté plus haut, plus fort, plus vite. Il redescend plus violemment.
Ca fait mal, sa tête va exploser, des fourmis courent sous la peau de ses mains, ça le démange, il se gratte jusqu'au sang. Il ne sent pas encore la douleur. Il a envie de vomir, il va au toilettes, se regarde dans le miroir, il est blême, son maquillage a coulé, ses cernes sont de plus en plus foncés et creusées, un point rouge orne l'intérieur de son bras droit entouré du bleu d'un hématome naissant. Il se penche, régurgite tout ce qu'il a pu avaler dans la soirée. Son estomac se retourne encore et encore même vide...Il se rince la bouche et sort. Il va vers Vic.
« On y va, jsuis en bad là ».
« J'ai pas envie de rentrer maintenant »
« S'il te plaît Vic, j'me sens vraiment pas bien. J'veux pas rentrer seul »
« Putain, mais débrouille-toi, j'suis pas ta mère »
« Vic, s'il te plaît, on rentre à l'appart »
« Non »
« File moi les clés alors »
« Non »
« Comment ça ? »
« J'en ai marre. Putain Bill, t'as rien compris. Toi et Moi, c'est du cul, on prend notre pied, on sniffe ensemble, mais c'est tout. Toi et tes putains de sentiments à la con, j'en ai ma claque. Putain, mais rentre chez toi. C'est terminé. Tout ça c'est terminé »
« Quoi ? Mais il te prend quoi Vic là ? »
« Il me prend que ça me gonfle, tu me gonfles. J'en ai marre et j'te le dis. C'est tout. C'est fini, cherche pas plus loin. Rentre chez toi et oublie moi »
Vic tourna les talons et partit à l'autre bout de piste de danse vers Syn qui lui lançait de grands sourires.
Bill récupéra sa veste et sortit. Il essayait d'intégrer toutes les informations mais la drogue l'empêchait de réfléchir normalement. Il errait dans la rue. Ne sachant pas quoi faire, quoi penser, il était incapable de prendre une décision. Il arriva finalement dans un parc, un endroit connu, familier, dont ses yeux fatigués et embrouillés avait pourtant du mal à dessiner les contours. Dans un de ses courts moments de lucidité, il pris son portable pour regarder l'heure. 4H30. Putain qu'est ce qu'il faisait là à cette heure là, avec autant de saloperies dans le corps, avec autant de tristesse et de douleur dans le c½ur. Il s'était allongé sur un banc, au bord d'un chemin de terre, il avait posé une main sur son ventre et son autre bras était replié, posé sur ses yeux. Il n'arrivait pas à aligner deux pensées cohérentes, il ne savait plus s'il devait rire ou pleurer, sourire ou crier de douleur. Il resta ainsi plusieurs minutes, se redressant seulement lorsqu'il entendit des voix se rapprocher de lui. Un groupe. Un groupe dont il ne distinguait que les contours flous et sombres se dirigeant vers lui. Des voix graves, des rires gras, des silhouettes titubantes, des bousculades. Bill voulait partir du banc, s'enfuir, il commençait à avoir peur, mais son corps refusait de lui obéir, il était comme paralysé. Le groupe avançait, se rapprochait inexorablement.
« Ohoh, les mecs regardez donc là-bas »
Rires éméchés.
« Salut ma jolie, c'est pas très prudent de se promener toute seule à une heure pareille »
Bill ne bougeait pas, il ne pouvait pas, il était effrayé, mais paralysé.
« Comment tu t'appelles ? »
Pas de réponse.
« Oh ! Tu peux répondre. Je t'ai posé une question »
Aucun son ne sortit de la bouche de Bill. Son c½ur battait à tout rompre, ses mains se crispaient sur son jean, tout son corps tremblait. Mais aucun mouvement de fuite.
Une secousse agita son corps, lorsqu'il vit celui qui lui parle s'asseoir à côté de lui.
« T'es bien mignonne. »
Sa main s'aventura sur la cuisse de Bill, remonta doucement vers son aine, redescendit vers son genou. Les autres restèrent immobiles, regardant la scène. Quelques commentaires fendirent l'air.
« Fais-la parler Steph ! »
« Jpeux toucher aussi ? »
La main du dit Steph se pose sur le ventre, remonte vers la poitrine...poitrine inexistante...
« Putain elle est complètement plate...'reuseument que t'as une belle gueule »
Bill sent son souffle tout près de son visage, son haleine sent l'alcool, odeur âcre et dérangeante, Bill a la nausée. Il a tellement peur. Il est incapable de bouger. Il ne réfléchit même pas à ce qui pourrait arriver, il a juste peur.
« Hé Steph, regarde ses mains... »
Les mains de Bill sont grandes et fines mais ce sont des mains d'homme.
Le Steph en question se relève brusquement en poussant un cri de dégoût.
« Pouah ! Mais c'est un mec ! Une putain de tapette ! Espèce de pédale, putain c'est immonde, tu ressembles à une putain de meuf, c'est dégueulasse. Putain ça me dégoûte »
« Montre lui ce qu'on fait aux tantouzes nous ! » hurlent les autres « Montre lui ce qu'on pense des mecs qui se prennent des bites dans le cul »
Les esprits s'échauffent, Bill ne bouge toujours pas.
« Putain mais t'es muet ou quoi ?! »
Steph l'attrape par le col de son tee-shirt, l'obligeant à se relever.
« Tu me dégoûtes, t'es une putain d'erreur de la nature, jvais rectifier ça »
Et il le balance par terre. Bill ferme les yeux, il a peur, si peur, il sait ce qui va arriver. Le premier coup de pied lui coupe le souffle, le second lui amène des larmes, le troisième le fait hurler.
« C'est qu'elle crie cette salope ! »
Il ne compte plus les coups, il a simplement le réflexe de protéger sa tête de ses bras, de se plier en deux pour protéger son ventre. La douleur est insupportable. Ils n'arrêtent pas, les coups pleuvent de toute part.
« Bon ça suffit, j'pense qu'il a compris »
Un dernier coup.
Ils s'éloignent.
Voix graves, rires gras, silhouettes titubantes.
Bill ne bouge plus, il s'est évanoui, incapable de supporter tout ça plus longtemps.
Une sonnerie stridente. Tom ouvre un ½il. Son portable. Bill. Bill !!
Il se redresse dans son lit. Son c½ur bât à tout rompre. Il décroche.
« Allo ? »
« ... »
« Allo ? Bill ? »
« Bill c'est toi ? » sa voix s'affole, quelque chose ne va pas, il le sent, il a mal, il ne sait pas où, il ne sait pas pourquoi, mais il a mal.
« Bill ! »
Un murmure lui répond.
« Tom... »
« Bill ! Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es où ? »
Il crie, la panique l'envahie.
« Tom...viens...j'ai mal... » sa voix est faible, elle semble sur le point de s'éteindre.
« Tu es où ? Dis moi où tu es ? »
« ...parc... »
« Dans le Parc ? Tu es au Parc ? »
« j'ai mal...viens me chercher »
« J'arrive Bill, j'arrive tout de suite » il ne s'en est pas rendu compte, mais des larmes coulent sur ses joues.
« Tom...vite... »
Vos impressions ?
oOoOoOoOoOoOoOo
Jvous avouerai qu'on touche à la fin...Encore un ou deux chapitre et un épilogue. Mais c'est bientôt terminé...
Vous avez tout déchiré au niveau des visites le mois dernier, merci!
Et pour les commentaires, j'atteins bientôt les 1000, franchement merci (L)
J'espère que vous allez bien et que le chapitre vous aura plu.
A Bientôt.
Yuliie