Les choses s'étaient tassées, les gens s'étaient calmés, celles qui n'acceptaient pas étaient partie. Le groupe marchait mieux que jamais. Gustav était redevenu heureux, bien dans sa peau. Une seule chose le minait...
Lorsqu'il n'était pas concentré, lorsqu'il n'était pas sur scène ou en studio, ses pensées vagabondaient invariablement vers une seule et même personne. Son regard était sans cesse attiré vers lui. Ses mains l'obsédaient, sa peau l'appelait, sa bouche ne demandait qu'à être embrassée...
Sa vie tournait autour de lui, ses rêves ne parlaient que de lui, ses fantasmes étaient occupés par lui...
Mais « lui » était indifférent, simplement fraternel, amical...Juste lui-même. Lorsqu'il regardait Gustav ce n'était que comme son ami, son pote de (presque) toujours. Et ça, ça faisait mal. Le batteur aurait voulu tellement plus...
Georg contrairement à ce que pensait son ami, voyait, il voyait tout, les regards, la déception dans les yeux, les gestes arrêtés, les contacts désirés.
Et, ça ne lui déplaisait pas. Enfin pas totalement. Il était agréable de sentir quelqu'un frémir pour vous, il est désagréable de se rendre compte que cette personne est du même sexe et que vous aimez ça. Lui, mec à filles, puis homme à femmes, lui qui menait une petite course avec Tom, lui le sex symbol hétéro, attiré par son meilleur ami...non. Impossible, impensable.
Cela le mettait en colère parfois, il essayait d'éviter Gustav. Il refusait d'être dans une position où l'attraction...le désir (!) lui ôtait toute capacité de réflexion.
Pourtant ce jour là, le hasard voulu que les deux garçons partagent leur chambre d'hôtel. Deux grands lits (heureusement !) le attendait dans cette petite suite.
« Je vais prendre une douche » annonca le blond à son ami.
« Okay, mais bouge, parce que je voudrais y aller aussi »
Gustav se déshabilla et régla l'eau de façon à ce qu'elle soit brûlante, il resta dessous un long moment, puis sortit. Il noua une serviette blanche autour de ses hanches et s'assit sur le bord de la baignoire, la tête posée dans les mains...Il se sentait abattu, fatigué, usé...Il n'entendit pas la porte s'ouvrir, mais sentit un courant d'air froid s'insinuer dans la chaleur moite de la salle de bain. Lorsqu'il releva la tête, il vit Georg en face de lui, agenouillé au sol.
Pourquoi le bassiste était là? Ni l'un, ni l'autre ne le savait.
Pourquoi Georg posa ses mains de part et d'autre du visage de Gustav? Ils ne le savaient pas plus.
Pourquoi le bassiste déposa ses lèvres sur celles de son ami? A ce moment là, ils avaient arrêté de réfléchir.