Voilà, enfin, ce chapitre. J'ai mis beaucoup de moi dedans, j'espère qu'il vous plaira...
La première chose que Tom ressentit en ouvrant la porte et en voyant Lya, fut une érection naissante. Bordel, ça faisait plusieurs semaines maintenant...et elle lui faisait toujours le même effet. Un sacré effet d'ailleurs. D'habitude il se lassait bien plus vite...Une nuit et il avait déjà fait le tour de la fille, c'était le cas de le dire. Mais elle...il ne savait pas pourquoi mais il la voulait...encore et toujours.
Leur relation était bizarre, bancale, déséquilibrée. Lui, s'était livré à elle, plus qu'à n'importe quelle fille d'ailleurs. Naturellement. Mais elle, elle ne montrait rien. Enfin, tout était relatif...Elle montrait ce dont Tom et sa libido avaient besoin...pour le moment. Il y pensait quelquefois, mais ne s'en formalisait pas outre mesure. La seule chose qui l'intriguait était le fait qu'il avait sans cesse envie de la voir, d'être avec elle, contre elle, bon d'accord, en elle aussi.
Au début il pensait d'elle qu'elle était une fille facile. Une autre de ces filles avec lesquelles il couchait régulièrement. Une de celles qu'il considérait presque comme une « salope ». Mais là...rien. Rien d'autres qu'un bégaiement débile, que des joues rouges, que des gouttes de sueurs dans la nuque, et qu'un bug mental. Lya avait raison au final, elle en avait fait ce qu'elle voulait. Tom Kaulitz le tombeur, n'était rien d'autre qu'un ours en guimauve débordant de sentiments aveugles, clairement aveugles.
Il devait être loin, très loin, parce que lorsqu'il entendit Lya parler, il avait l'impression de se réveiller d'un très long sommeil.
« Hey, wake up darling » lança-t-elle en rigolant.
Tom l'invita à entrer et pour ne pas changer ils montèrent directement dans sa chambre.
« Tu veux faire quoi ce soir ? Tu veux qu'on sorte ? »
Lya s'avança vers lui d'un air félin.
« Hum...peut-être qu'on pourrait d'abord passer un petit moment dans cette chambre » dit-elle en le poussant vers le lit.
« Pas une mauvaise idée » eut-il le temps de dire avant qu'elle ne s'accroche à ses lèvres.
Ils étaient emmêlés dans les draps blancs, leurs corps en sueurs glissaient l'un contre l'autre. Elle poussa Tom de façon à se retrouver assise sur lui. Position dominante. Comme elle les aimait. Il s'accrocha à ses hanches, accompagnant les mouvements de son bassin qu'elle bougeait d'avant en arrière, lentement. Puis elle accéléra, petit à petit, se contractant autour de Tom. Un mouvement plus ample que les autres fit se tendre le corps de Tom. Il jouit dans un grognement sourd. Lya bougea encore un peu sur lui puis arriva à l'orgasme à son tour.
Elle se dégagea puis s'allongea à côté de Tom. Ils respiraient fort dans la moiteur de la chambre. La fenêtre ouverte laissait entrer les bruits de la nuit, naturels ou non. Et l'odeur de la terre chauffée par le soleil durant la journée flottait dans la pièce.
« Tu m'as tué... » souffla Tom.
« Je sais »
Elle était présomptueuse, narcissique mais Tom ne s'en rendait même pas compte. Il se rapprocha d'elle pour poser sa tête sur son épaule et son bras sur son joli ventre doré. Il l'avait à peine effleurée qu'elle se dégagea avec mauvaise humeur.
« J'ai chaud ! »
« Euh...excuse »
Elle était agacée, presque énervée. Quel boulet ! Puis quand elle vit l'air peiné de Tom, elle se dit qu'elle était peut être allée un peu loin. Elle se rapprocha de lui.
« Excuse moi, je suis un peu fatiguée. »
« C'est pas grave »
Ils restèrent un moment ainsi.
« Il n'y a personne chez toi ? »
« Non, ma mère est chez une amie et Bill est...je sais pas où. Il sort tous les soirs, je ne sais pas où il va, ni avec qui... »
Elle resta silencieuse.
« Il est étrange en ce moment. Il ne m'adresse presque plus la parole. »
Elle soupira.
« J'ai l'impression qu'il est en colère contre moi. Je ne comprends pas. »
« C'est vrai que ton frère est bizarre » répondit-elle avec dédain.
« Comment ça ? » sa voix était devenue un peu plus forte.
« Oh, ça va, te braque pas, ton frère est super bizarre. Déjà, la façon dont il s'habille, dont il se tient, ses manières, puis jsais pas on dirait un chiot malade, il est faible »
Tom se redressa dans le lit.
« Ne parle pas de lui comme ça » cracha-t-il en serrant les draps entre ses poings.
« Okay, okay. T'énerves pas. Jte dis simplement les choses comme elles sont. T'es vraiment pas cohérent toi. Un jour, tu le descends devant moi en disant qu'il est immature, que tu ne peux pas t'en débarrasser, qu'il te fait carrément chier. Et deux jours après, tu le défends comme une lionne. »
Elle avait l'air agacée. Elle allait partir si ça continuait comme ça et Tom ne voulait pas qu'elle parte, surtout pas.
« Oui tu as raison. Excuse-moi de m'être emporté. De toute façon, jvois pas pourquoi jme préoccuperais de lui alors que lui n'en a rien à foutre de moi »
Lya lui sourit et l'embrassa.
« Ca te dirait une douche, beau gosse ? »
Ca y est Tom ne réfléchissait plus avec son cerveau...Il ne se rendait même pas compte qu'elle le manipulait. Qu'elle en faisait ce qu'elle voulait. Il n'était pourtant pas du genre à se laisser faire, mais devant Lya, il fondait. Elle le montait contre son frère et lui ne réalisait même pas.
Bill était encore au Dark Side. Comme tous les soirs. L'été, la boite était ouverte toute la semaine. Les jeunes s'y retrouvaient pour boire, danser, baiser...
Vic l'avait présenté à ses « amis », oui entre guillemets. Car ces personnes sont ce que l'on peut appeler des « amis de la nuit », ils sont ces anges noirs qui se réveillent une fois le soleil couché pour se retrouver. Ils sont comme eux, comme Bill et Vic, marginaux, beaux, fascinants. Ils sont tous soit gays, soit bi. Presque que des garçons, quelques filles. Ils ne se voient jamais en dehors de ce contexte spécial créé par la nuit. La nuit, dit-on tous les chats sont gris. Pas de différence entre eux. Ils se rassemblent, enveloppés par l'obscurité, l'alcool, le sexe. Cachés sous le maquillage, les lumières artificielles. La nuit, les conversations s'engagent plus aisément, les contacts sont plus faciles. Les mains se frôlent, les bouches s'effleurent, les langues se caressent, les hanches se touchent. Tout est tellement plus facile. Tout est tellement irréel. L'obscurité permet de se préserver, de ne pas tout révéler, le jour expose, la nuit dissimule. Ils s'y sentent bien. Ils se sentent eux.
Bill et Vic sont assis l'un à côté de l'autre dans un grand canapé. Bill est stone, il a fumé quelques joints avant de venir et bu pas mal depuis qu'ils sont là. Vic l'embrasse, effleure son cou, sa mâchoire, sa main effleure les cuisses moulées dans un jean foncé.
« Arrête » souffle Bill « t'es en train de me rendre dingue ». Les mots sortent beaucoup plus facilement, surtout quand il a fumé.
« C'est le but, bébé » répond Vic en se cambrant un peu plus vers lui.
Bill se dégage doucement et se lève :
« Je reviens dans deux minutes »
« Besoin d'aide ? », sourire malicieux.
« Non » répond le brun en rigolant. « Tout à l'heure, peut-être. »
Il se rendit aux toilettes, il titubait un peu, sa tête tournait. Mais il commençait à s'habituer. Il aimait bien. Ne plus contrôler grand-chose, ne penser à rien d'autre qu'à se faire du bien. Putain, c'était bon.
Il se regarda dans la glace sous la lumière crue des néons. Il portait une chemise noire (oui oui celle qu'on aime toutes), un jean noir, ses cheveux étaient lissés, son maquillage parfait. Il sortit son portable. Un message.
Gustav.
« Tu ne me donnes pas de nouvelles. Je m'inquiète. Prends soin de toi »
Il sourit. Gustav était une vraie maman. Oui mais peut-être que Gustav ne perçoit bien mieux les choses que tu ne le penses Bill.
Il rangea son portable et alla retrouver Vic. Il était en grande conversation avec Syn, un gars de la bande. Le blond se tourna vers son amant quand il le sentit s'asseoir près de lui.
« Ca te dirait d'essayer quelque chose de nouveau ? »
« Comme ? »
Il ouvrit le poing. Dedans se tenaient deux petits cachets ronds et roses. Dessus, étaient dessinés deux points et une espèce de parenthèse. Bill regarda plus attentivement et remarque qu'il s'agissait d'une sorte de smiley, comme ceux qu'il utilisait sur internet.
« Qu'est ce que c'est ? »
« Taz, darling » lui répondit Syn.
« Taz ? »
« Essaye, tu verras » dit Vic en avalant un des cachet.
Bill haussa les épaules, attrapa le second cachet et le fit passer avec une rasade de vodka-orange. Il haussa de nouveau les épaules l'air de dire « et alors ? ». Les deux autres rigolèrent et Syn prit la parole.
« Attend un peu, tu vas voir »
Et il vit.
Il devait s'être passée une demi-heure depuis qu'il avait pris le cachet d'ecsta quand il eut soudain très envie de danser, de bouger, de rire, de chanter, d'aimer, d'embrasser, de toucher, de se faire toucher. Il attrapa Vic et Syn par les mains et les entraîna vers la piste de danse. Apparemment, ils étaient dans le même état que lui. Ils commencèrent à danser. Chacun de leur côté d'abord puis ils se rapprochèrent. Syn faisait face à Bill, Vic était derrière lui. Leurs corps bougeaient au même rythme, collés ensemble. C'était chaud, sensuel. Tous les trois étaient excités. Complètement excités. Le taz leur faisait un sacré effet. Ils étaient euphoriques, souriaient, rigolaient. Bill trouvait très marrant le fait de sentir Syn et Vic bander contre lui. Ce qui était encore plus drôle, c'est que lui aussi était super dur. Syn se pencha vers lui et l'embrassa. Il entendit Vic rire derrière lui.
C'était génial ! Il était complètement heureux. Tout le monde était complètement magnifique. Ils étaient tous beaux. Ils souriaient. Rigolaient. Il avait envie de leur faire des câlins, de les embrasser !! Il regarda Vic et le trouva tellement beaux, il l'embrassa. Et lui cria des « Je t'aime » à tout va. Vic était plié en deux tellement il rigolait et il essayait de lui répondre des « moi aussi » mais s'étouffait tellement il était hilare. Tout était simplement merveilleux. Les lumières étaient roses. Une chanson trottait bizarrement dans la tête de Bill : Love is in air nananananaNNAAAAAA. Il était monté sur un des plot qui jouxtait la piste de danse et chantait à tue-tête dans la boite bondée. Vic et Syn le regardait en rigolant, ils s'embrassaient. Bill sauta de son perchoir et les rejoignit avec un grand sourire, il attrapa Vic :
« Hey pas touche c'est le mien ! » Syn éclata de rire, haussa les épaules et partit à la recherche d'une nouvelle victime.
« TU ES MON BISOUNOURS ! » hurla Vic.
Ils étaient complètement euphoriques, dansaient des danses improbables, s'embrassaient, sautaient partout.
Au bout de deux heures, Bill se sentit soudain très fatigué.
« Jvais m'asseoir »
Il retourna sur la banquette où Syn était étalé et dormait à moitié, les yeux entrouverts. Mais il n'y resta pas longtemps, une irrépressible envie de marcher le pris, il avait besoin de sortir, de respirer l'air frais. Il étouffait. Ses bras le démangeaient. Et puis il avait soif, terriblement soif. Son c½ur battait la chamade. Sa tête était lourde. Il avait mal aux jambes. Ses yeux piquaient. Il aurait presque pleuré tellement il avait envie d'être dehors. La musique était trop forte, beaucoup trop forte. Pis ces gens qui le bousculaient. Il transpirait. Il avait chaud. Il avait presque la nausée. Enfin il sortit, il eu à peine le temps de se mettre un peu dans l'ombre qu'une violente nausée le prit et il vomit tout ce qu'il avait pu ingurgiter dans la soirée. Dans les dix dernières soirées, il lui semblait même. Il essayait de tenir ses cheveux. Les spasmes étaient horriblement douloureux. Ils lui tordaient l'estomac. Des larmes coulaient. Il avait mal. Plus rien ne voulait sortir, mais son ventre se contractait quand même. Il tomba à genoux. Il sentit une douleur cuisante pendant un instant mais n'y réfléchit plus ensuite. Les nausées se calmèrent peu à peu. Un des videurs s'approcha de lui et l'aida à se relever.
« Hé ça va ? »
Bill secoua la tête.
« Tu as trop bu toi. Tu veux que j'appelle un taxi ? T'es pas un état de marcher. »
« Non, ça va aller » réussi à articuler Bill. « J'habite pas loin »
Ce qui n'était pas tout a fait vrai. Il se mit à marcher en direction de chez lui. Le soleil commençait à se lever. Il devait être dans un état pitoyable. Il ne sait pas comment il arriva jusqu'à la maison mais une fois là-bas il n'eut pas le courage de franchir la porte. Il s'affala sous le porche et se mit à pleurer. Il ne savait pas pourquoi, mais il pleurait tout son saoul. Il se sentait terriblement mal, triste, seul. Il n'avait plus mal au ventre. Seulement à l'âme. Il se sentait déchiré. Son cerveau était trop embrumé pour se rappeler pourquoi il était si malheureux, mais son subconscient lui, tournait au maximum, régurgitant tout ce qu'il avait emmagasiné ces dernières semaines. Il finit par s'endormir. Le soleil brûlant le réveilla quelques heures plus tard. Il trouva le courage nécessaire pour se lever et rentrer dans la maison. La vision qu'il eut de lui-même dans le grand miroir de l'entrée l'effraya. Ses cheveux étaient emmêles, enchevêtrés, il était sale, souillé. Son maquillage avait coulé et s'était étalé sur ses joues. Il avait les mains écorchées.
Il tourna la tête en entendant les marches de l'escalier craquer.
Lya.
Elle s'approcha doucement de Bill. Un sourire à la fois cruel et enfantin était apparu sur son visage. Une fois à quelques centimètres de lui, elle leva la main au niveau du visage du brun, l'approcha des cheveux de jais et commença à jouer avec une mèche, l'enroulant autour de son index.
« Tu sais, Bill. Tom n'en a rien à faire de toi »
« Tais-toi »
Elle sourit de plus belle, haussant les sourcils.
« Non. Regarde dans quel état tu te mets et il ne bouge pas d'un pouce »
« Tais-toi je t'ai dit ! »
« Non. Tu n'es plus rien pour lui. Tu n'existes plus...Et oui ! » dit-elle en rigolant doucement « tu n'as plus ta place ! »
Elle était effrayante. Elle le regardait d'un air candide mais des mots ignobles sortaient de sa bouche. Elle n'avait pas lâché la mèche de cheveux.
Quelque chose était déjà fêlé en Bill. Et ces mots achevèrent de le briser complètement.
Elle sortit de la maison d'un pas léger. Et Bill s'affala contre le mur en se laissant tomber sur le sol. Il avait les yeux secs. Regardait dans le vide. C'est ainsi que Tom le trouva peu de temps après. Il eut un hoquet de surprise en voyant son frère ainsi. Il le releva avec difficulté et l'emmena en haut dans la salle de bain sans dire un mot.
Il l'assit sur le rebord de la baignoire, fit couler de l'eau chaude. Lentement. Il lui enleva sa chemise, déboutonna son pantalon, l'ôta, fit de même avec son boxer. Puis il l'aida à se mettre dans l'eau. Bill était apathique. Il ne réagissait pas, ne parlait pas, ne bougeait pas. Tom lui lava les cheveux et le corps avec douceur, sans rien dire. Puis il vida la baignoire, releva Bill et l'enroula dans une grande serviette blanche et moelleuse. Il l'aida à aller jusqu'à sa chambre, l'aida à enfiler à enfiler un espèce de pantalon de pyjama et le coucha. Tom était agenouillé par terre, sa tête au niveau de celle de Bill. Les yeux du brun se fixèrent dans ceux de son frère.
« Tu me manques, Tom. Je t'aime. »
Une larme se forma au coin de son ½il et roula sur sa joue, laissant un sillon humide. Le c½ur de Tom se serra et là, tout au fond de lui quelque chose se réveilla. Une petite voix lui disant que tout ça n'était peut-être pas si normal.
x30sklm : Merci beaucoup pour tes compliments, je suis heureuse qu'elle te plaise.
Ein-einfacher-traum : En effet Bill est complètement instable, ses réactions sont parfaitement incohérentes. Il gère très mal ses émotions et se laisse souvent déborder. Quant à Lya, je suis d'accord avec toi, elle ignoble. C'est intéressant à écrire, mais j'ai envie de la baffer.
Was-ich-bin : Le personnage de Lya m'a été inspiré par des personnes que je connais...malheureusement. Et aussi par des lectures. Très intéressante à écrire. Même si parfois je flippe parce que les idées viennent un peu trop facilement quant aux réactions de Lya.
xLolipopsx : merci beaucoup d'être venue lire ma fic, j'aime tellement la tienne (dont je vais venir très bientôt commencer le commentaire !). Je suis un peu maso, je déteste Lya et en plus je me fais du mal en écrivant cette déconnexion entre les twins.
Yaoi-again-again : Toujours heureuse de lire des commentaires comme ça. Tu réagis carrément à mes écrits, c'est super de voir que mes mots provoquent des émotions, plus ou moins positives d'ailleurs :/
A tous : merci...mille fois merci.