Voilà le nouveau chapitre ! (quel esprit de déduction bravo ! --')
Bon, alors l'action n'est pas absolument rebondissante, mais c'est nécessaire, j'espère que vous saisirez ce que je veux vous faire passer.
Bonne lecture.
Bill marchait depuis plus de deux heures, sans but, sans réfléchir, sans vraiment savoir ce qu'il faisait. Sa main restait obstinément accrochée à sa joue meurtrie. Son regard perdu dans le vague, il s'interdisait de fermer les yeux, pour empêcher la scène de se rejouer comme une projection cauchemardesque sur ses paupières closes.
Il pleuvait à seaux, mais il ne s'en était même pas rendu compte. Ses pas le guidèrent vers le centre-ville. Il sortit de son état d'hébétude en arrivant devant l'immeuble de Vic. Sans savoir comment, il se retrouva devant la porte de l'appartement du blond. Lorsque son amant ouvrit la porte, il trouva un Bill trempé jusqu'aux os, tremblant, les bras serrés autour de son torse, une de ses mains posée sur sa joue.
« Qu'est ce que... » demanda Vic.
Bill laissa ses yeux quitter le flou dans lequel il les obligeait à rester, pour les autoriser à se fixer sur celui qui lui faisait face. Il y avait tant de désespoir, de tristesse, de douleur mais aussi de colère dans les prunelles posées sur lui, que Vic paniqua un peu.
« Bébé, qu'est ce qu'il y a ? » Il tendit sa main à Bill et l'invita à entrer. Lorsque leurs peaux se touchèrent, le brun fût comme électrifié. Il sembla se réveiller d'un seul coup. Ses yeux s'assombrirent, ses muscles se tendirent, ses épaules tressaillirent, puis tout son corps se relâcha et il s'écroula dans les bras de Vic en sanglotant.
« Il m'a...Tom...il m'a frappé... » parvint à dire Bill.
« Ton frère ? Il t'a frappé ? »
Bill lui avait parlé de Tom, mais aussi de Lya. Bill avait dit beaucoup de choses à Vic. Mais ce dernier en avait peu dit, lui. Les jumeaux vivaient des relations qui, au fond, se ressemblaient beaucoup. Des sentiments à sens unique, pas vraiment de réciprocité, beaucoup de sexe. Bill se détruisait avec Vic, alors qu'il avait l'impression d'être soutenu, même un minimum. Tom se détruisait avec Lya, puisqu'il détruisait sa relation avec Bill. Il ne s'en rendait pas compte, pas encore, mais en perdant Bill, il se perdait lui-même.
Vic tentait de calmer Bill, en murmurant quelques paroles rassurantes de façon maladroite. Cette situation le mettait mal à l'aise, il ne savait pas quoi faire, il n'était même pas sûr d'avoir envie de rassurer Bill. Ce n'était pas ses histoires. Mais le petit s'était accroché à lui...Il allait devoir lui expliquer qu'entre eux, c'était uniquement, sexe, fête et drogue...C'est tout. Pour le moment, il l'aida à se relever, lui enleva ses vêtements trempés, l'aida à se mettre dans les draps secs et lui apporta un verre d'eau avec deux cachets. Bill lui lança un regard hésitant :
« C'est juste du Tranxène, bébé, il faut que tu dormes... »
Bill avala sans broncher les petits comprimés et sa dernière pensée avant de sombrer dans le sommeil fût « il faut que j'arrête de prendre tous ces trucs ».
Lorsqu'il se réveilla, la chambre était plongée dans l'obscurité. Il avait mal à la tête, un goût métallique dans la bouche et des fourmillements dans tout le corps. Il avait dormi longtemps, mais d'un sommeil artificiel, chimique, pas un vrai sommeil. Il était fatigué, épuisé. Les souvenirs des heures précédentes étaient là, désagréables, présents, pesants, usants, blessants.
Il retrouva Vic dans le salon, il lisait à la lueur de quelques lampes indirectes. L'atmosphère était douce, intimiste.
« Hey » tenta doucement Bill.
Vic releva le nez de son ouvrage et lui adressa un petit sourire.
« Ca va ? »
« Euh, oui. » Son regard était fuyant, vague, brouillé. Ses vêtements froissés, ses cheveux défaits, son maquillage étalé lui donnait l'air d'un petit enfant perdu et apeuré. « Je suis désolé d'être venu t'embêter, Vic, mais je savais pas où aller »
« Pas de problème, bébé ». Le blond posa son livre, se leva et vint enlacer Bill, plongeant dans ses cheveux, respirant les dernières bribes d'innocence qui s'échappaient de lui. Il lui dirait que...oui, mais plus tard. Pour le moment, il ne voulait pas le briser encore plus qu'il ne l'était déjà. Parce que oui, c'était ça, il était brisé, les fêlures n'en étaient plus.
Vic était plus âgé que Bill, il avait plus d'expérience de la vie, mais surtout il était moins fragile. Lui, personne n'avait été là pour le protéger, il n'avait pas eu de grand frère pour lui épargner les difficultés. Il avait fait ses propres choix, ses propres erreurs et il en était ressorti grandi. Pour Bill, c'était autre chose, Vic avait compris, sans que ça lui soit dit explicitement, la place qu'occupait son jumeau. Il avait cherché à le protéger, mais au final, l'avait rendu plus fragile qu'autre chose. Bill n'était pas blindé, prêt à recevoir les coups de la vie, les épreuves ne rebondissaient pas sur le bouclier qu'il aurait du normalement se créer, elles le heurtaient de plein fouet. Et puis, Tom avait été en quelque sorte le modèle, le guide de Bill, et le fait qu'il l'abandonne de la sorte...
Pas étonnant que Bill s'écroule comme ça, à trop préserver, à trop protéger, à trop vouloir épargner, on arrive au résultat contraire de ce qu'on voulait au départ.
Bill se dégagea doucement de l'étreinte de son amant et tenta un petit sourire. La douleur à sa mâchoire le ramena plus vite que prévu au présent. Il y porta sa main et massa tout doucement, les yeux perdus dans le vague.
Tout d'un coup, son visage sembla s'éclairer, ses yeux pétillèrent, son sourire s'élargit, il avait l'air tout excité d'un coup.
« Bon, on fait quoi ce soir ?! » lança-t-il, enjoué.
«Euh...bein... » Vic ne comprenait pas le brusque changement qui s'était opéré en face de lui. Bill était passé d'un état quasi-dépressif à un état quasi-euphorique. Il cligna des yeux et se reprit. « Le Dark est fermé ce soir, j'me sens pas d'faire des kilomètres pour aller dans une autre boîte donc écoute, on a qu'à dire aux autres de venir ici. »
« Super ! Jvais faire des courses ! Acheter de l'alcool, et pis des pizzas, et des bonbons aussi !!! Et du Nutella aussi ! »
Vic esquissa un sourire. Il renonçait à comprendre. Encore un qui n'irait pas chercher plus loin.
« Relax, bébé, il est 22h, tout est fermé, et y'a déjà pas mal de trucs ici, on à qu'à leur dire, d'amener ce qu'ils ont chez eux. Va prendre une douche, prépare-toi, jpréviens tout le monde. »
Bill obéit, se douchant longuement, rajustant comme il le pouvait ses cheveux et son maquillage, avec les moyens du bord, enfin ceux de Vic. Lorsqu'il ressortit, le blond s'affairait dans la cuisine. Emmenant verres, bouteilles, trucs à grignoter dans le salon.
« On sera beaucoup ? »
« Une dizaine, je pense » répondit Vic, affairé à faire tenir le plus de trucs possible sur la table basse devant le canapé.
Il avait à peine prononcé ces paroles que l'interphone grésilla.
« Tu peux aller ouvrir ? »
Bill se dirigea vers la porte d'entrée, décrocha le petit téléphone qui la jouxtait et appuya sur le petit bouton en entendant Syn brailler un tonitruant « C'EST MOIIIIIIII ! ».
Un peu plus d'une heure plus tard, ils étaient une trentaine dans le salon enfumé, assis sur le canapé, les fauteuils, par terre, les uns a cotés des autres, les uns sur les autres. La pièce était éclairée par des bougies, disposées ça et là. L'odeur de la cire fondue se mélangeait à celle du tabac, de l'herbe. Les voix n'étaient que murmures sur fond d'une musique lente et hypnotisante. Ils étaient chez l'un d'eux, mais ils avaient tout de même sortis leurs apparats, ne jamais se mettre à nu, ne jamais se montrer, ne pas se dévoiler. Maquillage, bijoux, vêtements sombres...
Les mains se frôlaient, les bras se touchaient, ils cherchaient le contact. Ils recherchaient de la tendresse, une tendresse qui peu à peu se muait en désir. Le sexe n'était pas un problème entre eux, au contraire, il était un moyen de se faire plaisir, tout simplement. Pas de conséquences fâcheuses, pas d'implications pénibles, pas d'engagement pesant. Bill savait que Vic avait déjà couché avec la majorité des personnes présentes ici, mais il avait du mal à le regarder se faire caresser par deux filles au look gothique sans ressentir une pointe de jalousie. Ses pensées étaient déjà embuées par l'alcool qu'il avait ingurgité et l'herbe qu'il avait fumé. Il était avachi sur le canapé, regardant trois mecs dont Syn qui avait débarrassé la table basse de ce qui l'encombrait et s'amusait à tracer de petites et parfaites lignes blanches pour ensuite les sniffer. C'était la première fois qu'il voyait ça en vrai et le spectacle le fascinait. Le petit sachet posé sur la table que l'on prend, la poudre que l'on attrape avec une espèce de petite cuillère en métal, la répartition en petit tas égaux, le tracé de la ligne avec une carte de crédit quelconque pour plus de précision. Ces petits traits bien alignés qui disparaissent aspirés par une paille. Le travail est méticuleux, il ne reste plus aucune trace sur la table. Mais ce qui est encore plus fascinant, c'est de les voir se pencher au-dessus de la table, porter la petite paille à leur nez, renifler toute la poudre et se relever d'un coup, la tête rejetée en arrière, les yeux fermés, savourant ce qui semblait être un morceau de paradis.Quelques grammes de paradis. Un soupçon de bonheur, un envol parmi les anges. Bill, en était là, de ses divagations quand Syn releva la tête vers lui. Sur le moment, Bill réalisa quelque chose qu'il n'avait pas encore remarqué. Syn était vraiment mignon. Ses yeux bleus étaient entourés de noirs, son visage mis en valeur par ses piercings ses cheveux colorés. Bref, il était attirant.
« Tu veux essayer ? »
Bill haussa le sourcil, il n'était pas sûr de...
« Une seule fois, Bill, ça va pas te rendre accro, hein » Syn sourit, il avait l'air heureux. Bill essayait de réfléchir mais ce qu'il avait ingurgité et inhalé précédemment ne l'aidaient carrément pas, il abandonna rapidement la partie et laissa vite son envie prendre le pas sur sa raison. Il se leva, alla rejoindre Syn de l'autre côté de la petite table et s'agenouilla près de lui. Syn lui tendit le petit tube.
« Alors tu souffles un bon coup, tu bouches ta narine gauche et tu aspires tout d'un coup avec la droite. Tu fais tout le rail d'un coup, d'accord ? »
« D'accord » la voix de Bill n'était pas très assurée, mais un regard aux deux autres garçons qui s'embrassaient à pleine bouche l'air heureux lui ôta toutes ses hésitations. Lui aussi il avait envie d'être bien. Bill se pencha, se positionna au bas du trait et commença à aspirer. Il remonta le long de la ligne rapidement, imitant les gestes qu'il avait vu auparavant. Lorsqu'il arriva à la fin, il se releva, une sorte de réflexe lui fit pencher la tête en arrière, à l'instant où il se redressa complètement, il réalisa qu'il avait exactement la même attitude que les garçons tout à l'heure. La poudre lui chatouillait le nez, il avait presque envie d'éternuer. Il ouvrit doucement les yeux et se tourna vers Syn en souriant. Syn souriait aussi, il s'approcha tout près de Bill, leurs visages à quelques centimètres, à quelques millimètres, la langue de Syn qui passe par-dessus la lèvre supérieure de Bill, Bill qui ferme les yeux sous la caresse humide.
« Tu avais un peu de poudre là... »
Ils étaient tout près, vraiment très près, leurs nez se touchaient presque. Se regarder dans les yeux devint difficile, mais ce n'était pas important, Bill était concentré sur la bouche légèrement entrouverte de Syn. Il sentait le rouge lui monter aux joues, ses doigts fourmiller, son esprit tourner à toute vitesse mais surtout une très grande envie de goûter à ces lèvres humides. Ce fut Syn qui s'avança, sa langue refit le même chemin que précédemment, retraçant le contour de sa lèvre supérieur, puis descendant un peu plus bas, s'insinuant doucement en Bill, cherchant le contact, le trouvant. Bill avait chaud et soudain très envie de sexe. Surtout lorsqu'il sentit une main remonter le long de sa jambe, se perdre sur ses fesses, se glisser sous son tee-shirt et caresser le bas de son dos, contre sa ceinture. Ils s'arrêtèrent lorsqu'ils sentirent quelqu'un s'agenouiller près d'eux. Bill tourna la tête et sourit. Vic.
« Commencez pas la fête sans moi tous les deux... »
« Tu veux une ligne ? » demanda Syn.
« Pourquoi pas. T'en prends une avec moi bébé ? »
Bill venait d'en prendre une, mais bon, tout à l'heure il avait vu les autres en enchaîner plusieurs de suite, alors pourquoi pas, puis ce n'était que pour ce soir.
Syn reforma trois lignes parfaites, et l'un après l'autre ils sniffèrent ce qui leur revenait.
Vic essuya les restes de poudre du revers de la main et se leva, tendant ses deux mains pour aider les deux bruns à en faire autant. Les tenant toujours par la main, il les entraîna dans sa chambre. Il avait à peine refermé la porte qu'il se tourna vers Syn et commença à l'embrasser. Bill regardait la scène avec ravissement, il trouvait ça vraiment excitant. Leurs mains se baladaient partout, ôtant les vêtements un à un. Lorsqu'ils furent tout deux nus, ils se tournèrent vers Bill, un air gourmand sur le visage et s'approchèrent de lui. Bill se laissa faire, transporté par ces caresses qui venaient de partout, ces quatre mains sur lui, ces deux bouches, le plaisir venait de partout, tout son corps était doucement torturé par les deux autres...
Ils ne couchèrent pas ensemble cette nuit, ils se contentèrent de longues et vicieuses caresses. Bill avait eu l'impression d'être dans le flou pendant tout ça, seuls le plaisir et le désir semblaient clairs. C'était la première fois qu'il faisait ce genre de choses mais il avait trouvé ça terriblement bon. Voir Vic et Syn ensemble, goûter à un autre mec que Vic, se faire toucher, embrasser par deux hommes...
Pendant cette soirée, il avait fait deux choses inédites, la coke et cet espèce de plan à trois. Finalement il aimait bien sa nouvelle vie. Sex, drug et Rock'n'Roll. Sans Tom...Son ventre se serra douloureusement lorsque ces trois mots lui vinrent à l'esprit. Il n'y avait pas pensé depuis plusieurs heures, et là, tout revenait comme le coup de poing qu'il avait reçu. Il voulait tout oublier, devenir indifférent à ça. Mais c'était au-dessus de ses forces. Il en voulait à Tom, il lui en voulait vraiment beaucoup, il était en colère contre son frère, en fait non, c'était pire, le mot colère était trop faible pour qualifier son état d'esprit. Mais malgré tout, il ne pouvait s'empêcher d'avoir mal chaque fois qu'il y pensait...Et il commençait à détester Tom d'avoir un tel pouvoir sur lui.
Cette nuit là, il dormit chez Vic et aucun appel, ni message n'arrive sur son portable.
Après le départ de son frère, Tom était parti du studio à son tour. Il regardait son poing, incrédule, il venait de frapper Bill, son petit frère.
Conscience et passion se disputaient la place d'honneur dans son esprit. Passion lui disait que Bill avait été trop loin, il avait insulté Lya et en même temps Tom puisqu'il ne se fiait pas à son jugement. Bill semblait dire que Tom était trop bête pour comprendre que Lya n'était pas quelqu'un de bien. Mais, elle ne pouvait pas être ainsi, elle avait ses défauts certes, mais elle était gentille avec Tom, et il commençait à se dire qu'il était peut-être un tout petit peu amoureux d'elle. Conscience, quant à elle, lui soufflait que Lya l'avait beaucoup éloigné de Bill. Elle s'arrangeait toujours pour voir Tom quand il devait voir son frère, et n'était pas très gentille avec son jumeau. En plus, si lui avait des sentiments pour elle, il n'était pas vraiment sur que ça soit réciproque. Il pensa furtivement que Bill n'en serait certainement pas là si...Oh et puis après tout, il était grand, il savait ce qu'il faisait ! Il l'avait délibérément provoqué et Tom ne pouvait pas laisser passer ça, il ne se laissait pas insulter, ni par son frère, ni par quiconque. Hors de question. Il ne s'excusera pas, ce n'est pas à lui de le faire.
Ca s'améliore pas, hein?
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Encore une fois, merci pour vos commentaires, je suis vraiment contente que ça vous plaise et que vous preniez plaisir à le lire...
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